Exposition « Chagall. Leben und Lieben », Musée Buchheim, Bernried – 10.11.13-16.02.14

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Exposition "Chagall. Leben und Lieben", Musée Buchheim, Bernried (Allemagne) - 10.11.2013-16-02-2014

Exposition « Chagall. Leben und Lieben », Musée Buchheim, Bernried (Allemagne) – 10.11.2013-16-02-2014

Du 10 novembre 2013 au 16 février 2014 a lieu, au Musée Buchheim, sur les rives du Lac de Starnberg (Bavière), l’exposition « Chagall. Leben und Lieben » qui rassemble une sélection d’oeuvres du peintre Marc Chagall, ou pour être plus précise, des illustrations (lithographies et gravures) réalisées par l’artiste pour trois oeuvres littéraires: Daphnis et Chloé, roman antique du sophiste Longus, quatre contes des Mille et Une Nuits, et enfin, sa propre autobiographie (précoce), Ma Vie, rédigée entre 1921 et 1922.

Alors pourquoi, me direz-vous, évoquer cette exposition ici? Si les raisons de ce choix peuvent sembler obscures, il s’est pourtant imposé à moi comme un évidence lors de la visite de cette superbe exposition.

Tout d’abord, la vie de Marc Chagall et son parcours d’artiste ont été profondément marqués par l’histoire franco-allemande de la 1ère moitié du 20ème siècle. Né en Russie, à Vitebsk (aujourd’hui ville biélorusse), en 1887, dans une famille juive, il a vécu plusieurs années à Paris et Berlin entre les années 1910 et 1930, où il connaît ses premiers grands succès internationaux en tant qu’artiste. Mais victime de l’antisémitisme ambiant et de la montée du 3ème Reich, il est obligé de fuir cette Europe qui l’avait pourtant accueilli si chaleureusement quelques années auparavant. Lors de son séjour aux Etats-Unis dans les années 1940, Chagall ouvre un nouveau chapitre de sa vie et de son art, imprégné de la tragédie de la 2ème Guerre Mondiale et de ses conséquences sur les peuples du monde entiers. A la fin de la guerre, il rentre en Europe, mais ne remettra plus les pieds en Allemagne. Il passe le reste de sa vie majoritairement entre la France et les Etats-Unis, mais paradoxalement, c’est en particulier auprès du public allemand qu’il rencontre un immense succès dès les années 1950.

En mettant à l’honneur les gravures illustrant sa seule oeuvre littéraire et autobiographique, l’exposition donne un coup de projecteur sur la première partie de sa vie et ses premières oeuvres majeures, marquées par la culture juive et son expérience franco-allemande qui lui ouvre les portes du succès et de la reconnaissance. On y découvre un Chagall à la fois peintre, graveur et écrivain – une facette plutôt méconnue de l’artiste – dont le destin est intimement lié à l’histoire européenne du 20ème siècle.

Les deux autres points forts de l’exposition offrent un éclairage sur la relation entretenue par Chagall avec un certain type de littérature qui se marie à merveille avec l’onirisme et l’érotisme de son oeuvre. Ses illustrations de Daphnis et Chloé et de quatre contes des Mille et Une Nuits, de par l’intensité de leurs couleurs, la douceur de leurs traits et la place conférée au monde du rêve et de la mythologie, donnent au visiteur le sentiment qu’aucun autre artiste au monde n’aurait mieux pu rendre compte par l’image des univers poétiques de ces deux oeuvres. En juxtaposant les lithographies de Chagall et les passages correspondants du roman antique et des contes orientaux, l’exposition rend brillamment hommage à ce mariage harmonieux du texte et de l’image.

Je profite enfin de cet article pour recommander la visite du Musée Buchheim à tout lecteur de ce blog de passage à Munich ou en Bavière.

Pour aller plus loin:

Marc Chagall, Ma Vie, Stock, 2003

Marc Chagall, Daphnis et Chloé, Langlaude Eds, 2011

Musée Buchheim, Bernried, Bavière (Allemagne)

Quelques photots du musée sur le Site de Thomas

Exposition

Musée Buchheim, Bernried, Allemagne

 

 

 

 

 

 

 

 

Marc Chagall, extrait de Daphnis et Chloé, lithographie en couleurs - VG Bild-Kunst, Bonn

Marc Chagall, extrait de Daphnis et Chloé, lithographie en couleurs – VG Bild-Kunst, Bonn

Marc Chagall: extrait de Daphnis et Chloé, lithographie en couleurs - VG Bild-Kunst, Bonn

Marc Chagall: extrait de Daphnis et Chloé, lithographie en couleurs – VG Bild-Kunst, Bonn




Man muss die Männer schon viel lieben (freie Übersetzung) von Marie Darrieusseq

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Il faut beaucoup aimer les hommes - Marie Darieussecq

Il faut beaucoup aimer les hommes – Marie Darrieussecq

Die Gefahr, sich mit diesem Roman auf eine Klischee-Flut einzulassen war hoch. Dennoch ist es Marie Darrieusseq mit Il faut beaucoup aimer les hommes (Man muss die Männer schon viel lieben) gelungen, sehr geschickt mit unterschiedlichen Sprachebenen zwischen Bildern und Kontrasten, Vulgarität und Feinfühligkeit, Einflüsterung und Unausgesprochenem, sowie zwischen dem glamourösen Jetset aus Hollywood und der Feuchtigkeit des äquatorialen Waldes Afrikas zu jonglieren. So gibt uns die Autorin eine komplizierte Liebesgeschichte preis, zwischen Solange, Schauspielerin baskischer Herkunft, und Kouhesso, kanadisch-kamerunischem Regisseur im Werden. Die Themen des Rassismus und der Verschiedenheit werden sporadisch und immer nur in der Intimität dieser Liebesbeziehung von der Autorin angedeutet, die mir Humor, Natürlichkeit und Zärtlichkeit jeglichen Klischees trotzt.

Kouhesso ist aufgrund seiner Herkunft und seiner Geschichte ein Rätsel, das Solange enthüllen und sich zu eigen machen möchte. Das Schweigen und die zahlreichen Wartezeiten im Roman werden aber von Solange als eine quälende Krankheit empfunden und reflektieren eine ungleiche Beziehung, die zu Unterwerfung gegenüber einem Mann neigt, der nur für seine « Große Idee » lebt.

Dieses Buch ist wie ein Tornado, der die Erzählerin von ihrem jetzigen Alltag in Hollywood über die Windungen ihrer Vergangenheit bis zu den feuchten Höhlen der afrikanischen Wälder reisen lässt, und dies innerhalb ein paar Wochen, höchstens ein paar Monaten vielleicht. Marie Darrieusseq bietet uns mehr einen Roman über die Gewalt der Gefühle und die Macht der Leidenschaft über unsere Leben an, als eingehende Gedanken über das Verhältnis zwischen Schwarzen und Weißen, was ihr Werk um so persönlicher und bewegender macht.

 

Die deutsche Übersetzung von Il faut beaucoup aimer les hommes steht noch nicht zur Verfügung. Sobald sie erschienen ist, werde ich hier darüber berichten.

 

Marie Darrieusseq hat den französischen Literaturpreis « Medicis » für Il faut beaucoup aimer les hommes im November 2013 erhalten. Mehr Informationen darüber finden sie hier…




Il faut beaucoup aimer les hommes de Marie Darrieussecq

29112013

 

Il faut beaucoup aimer les hommes - Marie Darrieussecq

Il faut beaucoup aimer les hommes – Marie Darrieussecq

Le risque de tomber dans une avalanche de lieux communs était élevé. Pourtant, dans son dernier roman Il faut beaucoup aimer les hommes, Marie Darrieussecq jongle habilement entre différents niveaux de langage, images et contrastes, entre vulgarité et délicatesse, grotesque et sensualité, suggestions et non-dits, glamour de la jet-set hollywoodienne et moiteur de la forêt africaine équatoriale, pour mettre à nu une histoire d’amour compliquée entre Solange, actrice d’origine basque, et Kouhesso, réalisateur canado-camerounais en devenir. Les thèmes du racisme et de la différence, elle n’en traite que par bribes, dans l’intimité de cette relation vécue par Solange, bravant les clichés avec humour, simplicité et tendresse.

Kouhesso est un mystère de par ses origines, un mystère que Solange souhaite percer, apprivoiser et faire sien. Les silences et nombreux temps d’attente qui rythment le roman et sont vécus par Solange comme une véritable maladie qui la ronge, sont le reflet d’un rapport inégal, presque de soumission envers un homme qui ne vit que pour sa « Grande Idée ».

Ce livre est comme une tornade faisant voyager la protagoniste de son univers actuel, Hollywood, aux grottes humides des forêts africaines, en passant par les méandres de son passé, le tout en l’espace de quelques semaines, quelques mois tout au plus. Marie Darrieussecq nous offre donc plus un roman sur la violence des sentiments et le pouvoir de la passion sur nos vies, qu’une réflexion poussée sur la relation entre Blancs et Noirs. Il n’en est ainsi que plus personnel et plus touchant.

 

Marie Darrieussecq a reçu le Prix Médicis 2013 pour son roman Il faut beaucoup aimer les hommes. Plus d’informations à ce sujet ici. 




Die Wahrheit über den Fall Harry Quebert von Joël Dicker

17112013

Die Wahrheit über den Fall Harry Quebert von Joël Dicker img_1977-300x300Als Erstes wird man vom kristallklaren Schreibstil von Joël Dicker begeistert, der uns das Gefühl gibt, in den Roman zu schlüpfen wie in sein Bad.

Die Geschichte findet 2008 in Aurora, New Hampshire, statt: ein junger Schriftsteller (der Doppelgänger des Autors?) wird mit einer Schreibblockade konfrontiert und fängt an, in einem geheimnisvollen Fall zu ermitteln, der mehr als 30 Jahre zurückliegt, um seine Karriere zwar zu retten, aber vor allem um einem Freund Hilfe zu leisten.

Die Kunst der Erzählung und der überraschenden Wendungen beherrscht der Autor souverän, wodurch der Roman den Status eines hervorragenden Thrillers im amerikanischen Stil weit übertrifft – was allein ziemlich bemerkenswert ist, wenn man weiß, dass Joël Dicker ein französischsprachiger Schweizer ist – um dem Leser nicht nur eine spannende Handlung anzubieten, sondern auch eine schöne und zutreffende Argumentation über den Schreibprozess und die Rolle des Schriftstellers in der modernen Gesellschaft – oder besser gesagt, über seine Rolle trotz der negativen Facetten der modernen Gesellschaft, die mit dem übermäßigen Konsum, die Überinformation und die Scoop-Kultur der Medien verbunden sind.

Durch die extrem gut geschärften psychologischen Profile seiner Figuren serviert uns Joël Dicker eine soziologische Freske, die allein ein Grund dafür ist, sich auf diese Geschichte von etwa 600 Seiten einzulassen.

Highlight des Jahres 2013!




La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert de Joël Dicker

24092013

La Vérité sur l'Affaire Harry Quebert de Joël Dicker img_1977-300x300Ce qui séduit chez Joël Dicker, c’est d’abord cette écriture limpide qui donne au lecteur l’impression de se glisser dans le roman comme dans son bain.

L’histoire de La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert se passe à Aurora, New Hampshire, en 2008: un jeune écrivain (le double de l’auteur?) est confronté au syndrome de la page blanche et se retrouve à enquêter sur des faits mystérieux s’étant déroulés plus de trente ans auparavant, pour certes sauver sa carrière, mais avant tout pour porter secours à un ami, son mentor.

La maîtrise parfaite par l’auteur de l’art du récit et des rebondissements permet à ce roman de dépasser le statut d’excellent thriller à l’américaine – prouesse déjà assez remarquable lorsque l’on sait que Joël Dicker est un jeune écrivain suisse de langue française – pour offrir au lecteur, en plus d’une intrigue palpitante, une belle et juste réflexion sur le processus d’écriture et le rôle de l’écrivain dans la société moderne – ou plutôt sur son rôle malgré les travers de la société moderne liés à la surconsommation, la surinformation et la culture du scoop dans les médias.

Grâce à des personnages aux profils psychologiques bien fuselés – polar oblige – Dicker nous sert une fresque sociale savoureuse qui a elle seule mérite que l’on s’attaque à la lecture de ce pavé de 600 et quelques pages!

Mon coup de coeur de l’été 2013!




Predigt auf den Untergang Roms von Jérôme Ferrari

20092013

Predigt auf den Untergang Roms von Jérôme Ferrari img_18852-225x300Korsika, eine Insel mit zwei Facetten: auf der einen Seite ein arides und manchmal feindseliges Bergland, auf der anderen ein wunderschönes und reiches maritimes Land. Diese Insel – oder besser gesagt, eine kleine Dorfkneipe auf dieser Insel – hat Jérôme Ferrari als Hauptszene seines Romans Predigt auf den Untergang Roms ausgewählt. Dort versuchen seine Helden, Libero und Matthieu, zwei einer existenziellen Krise gegenüberstehende Philosophiestudenten, die Welt besser zu machen.

Am Anfang des Romans lernt der Leser einen Mikrokosmos kennen, dessen Mitglieder den vergeblichen Versuch, ihrem jeweiligen miserablen Schicksal zu entkommen, als einzige Gemeinsamkeit haben. Im Zusammenhang mit der Rede Augustinus anlässlich des Untergangs Roms erinnert uns der Autor hier daran, dass das menschliche Schaffen, egal wie prächtig es sein mag, den Menschen immer entflieht und die Plage der Zerstörung und des Elends in sich unvermeidlich trägt. Im Gegensatz zu Augustinus, der davon überzeugt ist, dass Gott die Menschheit vor dem irdischen Unglück am Ende retten wird – vorausgesetzt diese ihm treu bleibt – macht sich Jérôme Ferrari eine Freude, uns mit dem immensen Zweifel bezüglich der Existenz eines solchen göttlichen Auswegs zu konfrontieren. Für ihn bliebe es also nur die unweigerliche Feststellung des menschlichen Elends.

Die Kritiker dieses sarkastischen Fatalismus, denen es schwer fällt – genauso wie mir  - , an dieses Schicksal zu glauben, das eine Gruppe unrühmlicher Figuren nie in Ruhe lässt, werden dennoch zumindest die exemplarische Feder des Autos zu schätzen wissen, sowie vielleicht seine Fähigkeit, für die Zeit eines Romans eine einfache Kneipe in einen dramatischen Ort zu verwandeln, wo sich die menschlichen Leidenschaften entfesseln. Zwei Qualitäten, die jedoch seine sich wiederholenden Anfälle von Besserwisserei leider nicht verstecken können, aber dazu beigebracht haben, Ferrari den Status des emeritierten Besitzers des Prix Goncourt 2012 in Frankreich zu verschaffen. 




Le sermon sur la chute de Rome de Jérôme Ferrari

10082013

Le sermon sur la chute de Rome de Jérôme Ferrari img_18852-225x300La Corse, terre de montagne aride, parfois hostile, mais aussi terre maritime pleine de beautés aux multiples saveurs. C’est principalement sur cette île aux deux visages, dans un petit bar de village, que Jérôme Ferrari a choisi de faire se dérouler le récit de son Sermon sur la chute de Rome, et de faire évoluer ses 2 protagonistes, Libero et Matthieu, anciens étudiants en philosophie en pleine crise existentielle.

Dès les premières pages du roman, le lecteur fait la connaissance d’un microcosme dont les personnages qui le composent ont en commun les échecs à répétition dans leurs entreprises respectives à échapper à leur misérable destin. En écho au sermon de Saint Augustin prononcé lors de la chute de la cité romaine, l’auteur nous rappelle à travers son récit que les oeuvres que les hommes bâtissent assidument au cours de leur existence, aussi majestueuses puissent-elles être, leur échappent toujours et portent inexorablement en elles le fléau de la destruction et de la misère. Mais à la différence de Saint Augustin qui reste convaincu que la lumière divine et éternelle sauvera l’humanité des malheurs terrestres – si celle-ci vit dans la foi et reste fidèle au Seigneur, Jérôme Ferrari prend un malin plaisir à nous confronter à l’immense doute quant à l’existence d’un tel échappatoire divin. Ne resterait alors que l’inévitable constat de la misère humaine.

Les détracteurs de ce fatalisme sarcastique qui, comme moi, ont du mal à croire à un destin qui s’acharnent contre une poignée de personnages peu glorieux, apprécieront sûrement en revanche la plume exemplaire de l’auteur et sa capacité à transformer, le temps d’un roman, un bar quelconque en un lieu dramatique où se déchaînent les passions humaines. Deux qualités qui ne cachent néanmoins en rien ses accès de pédantisme récurrents, mais ont sans doute fortement contribué à élever Jérôme Ferrari au rang d’émérite détenteur du Prix Goncourt pour l’année 2012… 




Elle joue von Nahal Tajadod

23072013

Elle joue von Nahal Tajadod img_1788-225x300Zwei Frauen, zwei Iranerinnen, zwei Iran, eine Begegnung. Im Laufe des Romans entsteht eine einzigartige Beziehung zwischen einer Erzählerin, die den Iran vor der islamischen Revolution gekannt hat, und einer jungen vor der Machtergreifung des Ayatollah Khomeini geborenen Schauspielerin. Diese Beziehung bringt ans Licht die vielen Widersprüche, die vielförmige Gewalt des zeitgenössischen Irans, sowie die Lüge, die der Gesellschaft der Nachrevolutionszeit anhaften. In Elle joue wird jedes einzelne Vorurteil der westlichen Welt gegenüber diesem so verkannten und deshalb so erschreckenden Land zerstört. Elle joue ist aber vor allem eine Geschichte über Frauen, über mutige Frauen, die sich gegen jede Unterwerfung wehren, an ihrem Heimat jedoch trotzdem besonders hängen. Ein Buch voller Menschlichkeit.

 

(Deutsche Version leider noch nicht verfügbar)

 




Elle joue de Nahal Tajadod

2062013

Elle joue de Nahal Tajadod img_1788-225x300Deux femmes, deux Iraniennes, deux Iran, une rencontre. Cette relation tissée au fil des pages entre une narratrice ayant connu l’Iran d’avant la Révolution et une jeune actrice née quelques années après la prise de pouvoir de l’Ayatollah Khomeini, met à jour les nombreuses contradictions, les violences multiformes de l’Iran contemporaine, ainsi que les mensonges inhérents à la société de l’après Révolution Islamique. Elle joue démantèle aussi un à un les préjugés de l’Occident à l’égard de ce pays si méconnu, et par conséquent, si effrayant. Mais c’est avant tout une histoire de femmes, de femmes courageuses, chacune à leur manière, de femmes refusant la soumission mais profondément attachées à leur pays d’origine. Un ouvrage plein d’humanité.

 

 




Le Loup des Steppes de Hermann Hesse

17022013

Le Loup des Steppes de Hermann Hesse img_1543-e1361118286295-225x300Entre roman et parabole philosophique, le Loup des Steppes est le récit du parcours initiatique du très tourmenté Harry Haller, à la découverte de son moi. Il prend sa source dans un combat acharné que Harry livre contre une forme de schizophrénie, contre un manichéisme entre un dégoût de la vie bourgeoise et de la guerre d’une part, et une admiration sans borne pour les oeuvres de l’esprit – dont Goethe et Mozart en sont l’incarnation – d’autre part. Les tournure hyperboliques, dont l’auteur usent (trop ?) abondamment dans la première partie du roman, expriment la souffrance extrême du narrateur, une souffrance qui semble dans un premier temps le vouer à la mort. Elles sont néanmoins progressivement remplacées par un ton plus didactique avec l’arrivé de la belle Hermine qui initie le narrateur à diverses formes de plaisirs terrestres – et en particulier à la danse – et tend à le réconcilier avec ses démons.

Chamboulant ses échelles de valeurs, renversant ce dualisme vain, cette mystérieuse courtisane l’amène à explorer la complexité de son moi, la multiplicité de son âme, dont le théâtre magique, qui constitue le cadre ultime de la quête du narrateur, peut être interprété comme une allégorie. Si certains lecteurs ont été ou seront déçus par le choix final de l’auteur de tourner l’ensemble de son oeuvre en dérision et de tout effacer d’un revers de main – comme s’il préférait se retirer au moment le plus crucial de son récit et se défaire de toute responsabilité -, d’autres, comme moi, y verront plutôt une porte ouverte à la réflexion sur sa propre personnalité, sur ses contradictions, et apprécieront l’ultime note de légèreté, aussi cynique soit-elle, qui vient clore le récit.







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